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Théorie des jeux et "romanisation"

Alain Franc, Marie-Jeanne Ouriachi, Frédérique Bertoncello

Réorganisation du réseau des villes après la conquête romaine

L'une des conséquences de la conquête romaine est la réorganisation du réseau des villes, en raison du rôle que Rome leur assigne dans l'administration des territoires (l'espace conquis est subdivisé en territoires, chacun étant administré par un chef-lieu, d'où l'émergence d'un réseau urbain plus hiérarchisé).
Cette réorganisation se traduit par : 

  • La création de nouvelles villes auxquelles Rome octroie le statut de chef-lieu.
  • La promotion de certaines villes existantes (d'origine indigène) au rang de chef-lieu.
  • Le déclassement de certaines anciennes "capitales" indigènes.

Dans ce contexte, nous nous interrogeons sur les facteurs pouvant expliquer ces transformations du réseau des chef-lieux.
Parmi ces facteurs, nous nous intéressons dans un premier temps aux relations de coopérations / conflits entre les élites romaines et gauloises, formalisées par la théorie des jeux, afin, à terme, de les relier à des modes d'organisation des territoires conquis par Rome et co-administrés avec les élites locales.
Nous étudions particulièrement les équilibres de Pareto et de Nash.

Théorie des jeux

La théorie des jeux comme corpus théorique s’est développée en économie (von Neumann & Morgenstern, 1944).Elle consiste à formaliser un comportement rationnel d’acteurs, où chaque joueur a le choix d’une stratégie parmi plusieurs.Le gain de chaque joueur est fonction des stratégies choisies par l’ensemble des joueurs.

Le champ de ces théories et modèles a été étendu à l’évolution dans les années 70 (Maynard-Smith & Price, 1973). C’est un cadre qui permet de formaliser des comportements de compétition, prédation, coopération, comme « moteurs » de choix des stratégies. La formalisation consiste à choisir les acteurs, les stratégies, et les coûts de chaque situation.

Plusieurs types d’équilibre ont été identifiés, dont l’équilibre de Nash (stratégie égoïste), ou de Pareto (stratégie coopérative). L’un des paradoxes que cette théorie permet de dénouer est l’émergence de stratégies de coopération dans un monde d’égoïstes (Axelrod, 1984), à savoir l’évolution d’un équilibre de Nash vers un équilibre de Pareto.


Graphe de la dynamique du jeu Stratégies optimales